Haro sur les politiques inflationnistes

Publié le par Dicarno

Haro sur les politiques inflationnistes

 

 

Souvenez-vous. Le véritable bug de l’an 2000, à savoir le fiasco boursier de la nouvelle économie en 2000 suivi par la récession du 1er semestre 2001 puis des attentats du 11 septembre ont amené l’ancien gourou de la Fed, le dénommé Alan Greenspan, à réduire le prix de l’argent à un plancher historique. A l’époque, peu de voix se sont élevées pour dénoncer les visant à relancer l’économie par la dépense et l’endettement. Les tenants de la politique interventionniste, les keynésiens, tout comme les monétaristes de l’école de Chicago ont applaudi à tout rompre, même si ce fut pour des raisons différentes, les actions du président de la Fed. Il faut dire que Greenspan était devenu un Dieu qui, du haut de son piédestal, distillé à travers quelques paroles énigmatiques dont lui-même ne comprenait pas très bien la teneur, le nouveau dogme économique. Je le répète, quasiment tout le monde préconisait l’augmentation de la masse monétaire comme solution au soutien de la croissance économique.

 

Pourtant, quelque soit sa formation ou son éducation, tout le monde est en mesure de comprendre qu’une politique inflationniste n’est rien de moins qu’une vaste escroquerie, un vol organisé de l’ensemble des citoyens. Créer de la monnaie à partir de rien conduit mécaniquement à l’inflation des prix puisque la masse d’argent à dépenser augmente plus vite que la quantité de biens et services à acheter. Dés lors, l’argent déjà en circulation va se diluer dans la masse et donc, se déprécier, si bien qu’il faudra toujours plus d’argent pour acheter la même chose. Evidemment personne n’a expliqué aux masses populaires qu’il faudra travailler plus pour gagner plus pour acheter la même chose. Ce slogan n’était pas très vendeur et les gens auraient tout de suite flairé l’entourloupe. Non, au lieu de ça, d’autres explications furent avancées comme la peur de la spirale déflationniste, c'est-à-dire, comme ce fut le cas après le krach de 1929, une chute des prix qui généra la Grande Dépression.

 

Sous prétexte d’éviter le spectre d’une forte récession le gotha de l’économie a convenu un peu rapidement qu’il fallait soutenir la croissance économique par la consommation,. Ainsi, les banques centrales ont obtenu le droit d’injecter suffisamment de liquidités dans l’édifice économique sans que personne n’y trouve rien à redire. Cependant, il s’avéra, au fil du temps, que ce soutien artificiel de l’économie a été un mauvais calcul puisque finalement le problème a été repoussé. Le taux d’épargne des ménages américains étant devenu négatif, il apparaît que l’endettement et a fortiori le surendettement ne pouvaient durer éternellement. En baissant radicalement les taux d’intérêts, Greenspan a favorisé les conditions d’une croissance économique reposant essentiellement (à 75 % !) sur l’endettement des ménages. La bulle immobilière a succédé à la bulle internet. Or, si l’éclatement de la bulle internet a eu un effet relativement limité aux seuls marchés financiers et à ceux qui y ont placé leur patrimoine, en revanche l’éclatement de la bulle immobilière va toucher sans discernement l’ensemble de la population.

 

Il va falloir admettre que la récession constitue le processus de liquidation normal qui suit tout boom artificiel. Il ne peut en aller autrement. Avec sa politique d’expansion monétaire la Fed a tenté, et tente toujours d’ailleurs, d’étouffer la récession ; mais en fait, la seule chose qu’elle parvient à faire c’est de retarder l’échéance de la liquidation. Lorsque Bernanke baisse les taux pour sauver les marchés financiers d’une sévère débâcle, il ne fait rien d’autre que d’appliquer une pommade contenant les ingrédients qui ont provoqué l’allergie. L’économie a subi une crise de surliquidité mais « Hélicoptère Ben » a décidé d’embrayer sur un nouveau cycle inflationniste qui évidemment ne pourra pas durer bien longtemps. Les taux réels sont devenus négatifs ce qui forcément va encore encourager les ménages à consommer et donc à ne pas épargner. Au final, le niveau général d’endettement des ménages devrait encore s’alourdir. La planche à billet tourne à un rythme toujours plus effréné. Combien de temps cela va-t-il encore durer ?

Publié dans Banque centrale

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dissertation 01/12/2009 08:43


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beg 31/01/2008 14:22

tout a fait d'accord.