Chapitre 8 : La propagande au service de l'éducation

Publié le par Dicarno

LA PROPAGANDE AU SERVICE DE L'ÉDUCATION.

Le grand public ne s'intéresse pas à l'éducation autant qu'elle le mérite. Le système d'enseignement public reçoit certes les appuis matériels et financiers dont il a besoin ; la plupart des jeunes gens rêvent d'entrer à l'université et toutes les classes d'âge partagent de vagues aspirations culturelles qui trouvent à s'exprimer dans des cours et des conférences innombrables. Pourtant, le public n'a pas idée de la véritable valeur de l'éducation, et il ne réalise pas que cette force de cohésion sociale devrait être traitée avec plus d'attention, en démocratie.

On peut regretter que les journaux ne lui fassent pas plus de place ; qu'il n'y ait pour ainsi dire pas de discussion de fond sur les enjeux éducatifs ; que l'enseignement ne mobilise l'opinion que de manière épisodique – à propos, par exemple, du nouveau système scolaire mis en place à Garynote, ou de quelque vaste débat, tel celui déclenché par la décision d'ouvrir à Harvard un institut d'études commerciales.

Des raisons multiples sont à l'origine de cette situation. Il y a tout d'abord la formation des enseignants, qui les prépare à stimuler la réflexion individuelle des élèves, dans la salle de classe, mais pas à être les éducateurs, au sens large, du peuple.

Dans un régime démocratique, l'enseignant devrait entretenir avec l'opinion une relation saine et bien définie, qui serait le pendant logique de ses devoirs professionnels. Strictement définis, ceux-ci ne s'étendent pas au grand public, mais d'une certaine façon l'enseignant lui est redevable à plusieurs égards : il gagne sa vie grâce à lui, il a besoin de son soutien moral, et pour bien exercer son métier il a tout autant besoin d'un bon niveau de culture générale. Or, dans le domaine éducatif, le constat est identique à celui que nous avons déjà dressé en politique et dans d'autres secteurs de la vie sociale : les spécialistes de la profession n'ont pas évolué au même rythme que la société moderne et ils ne se sont pas saisis des outils qu'elle a conçus pour assurer la diffusion des idées. Si cette observation est juste, la formation dispensée aux enseignants dans les écoles normales devrait ouvrir le programme d'études à tous les sujets susceptibles d'élargir leur point de vue. Comment le grand public aurait-il une vision claire des choses, si les enseignants eux-mêmes ignorent tout du rapport entre l'opinion et l'idée du savoir ?

La formation qu'ils reçoivent dans les écoles normales devrait les amener à réaliser que leur tâche comporte en fait deux volets : l'enseignement à dispenser aux élèves en tant que professeur, et l'enseignement à dispenser à l'opinion en tant que propagandiste.

L'écart qui existe aujourd'hui entre les visées éducatives et les préoccupations ou les intérêts du grand public a une autre cause, qui tient à l'attitude mentale du pédagogue (instituteur ou professeur de lycée) envers le monde extérieur à l'école. On touche ici à un problème psychologique très délicat. L'enseignant vit dans un monde qui accorde une extrême importance aux buts et aux accomplissements objectifs tant prisés par la société américaine. Lui-même gagne sa vie modestement, voire chichement. S'il se juge à l'aune des critères unanimement acceptés, il ne peut se défendre d'un sentiment d'infériorité, car il sait que dans leur for intérieur ses élèves le comparent avec l'homme d'affaires ou le leader d'opinion ayant brillamment réussi dans le monde extérieur. Il se sent lésé, rejeté par notre civilisation. Les choses étant ce qu'elles sont, la situation ne changera de l'extérieur que si le grand public adopte d'autres critères de réussite, ce qu'il ne fera sûrement pas de sitôt.

Elle pourrait cependant être modifiée de l'intérieur par le corps enseignant lui-même, s'il prenait conscience non seulement de la relation individuelle entre maître et élève, mais aussi de la relation sociale entre les maîtres et le grand public. Personne ne lui conteste le droit de mener sa propre propagande afin d'éclairer l'opinion sur la nature du service qu'il rend à la société. En sus de faire de la propagande pour ses membres pris individuellement, le corps enseignant doit élever le niveau de considération qui lui est témoigné. Faute d'y réussir tout seul, il se privera rapidement des moyens d'attirer à lui des talents remarquables.

La propagande ne suffira d'ailleurs pas à rectifier tous les aspects regrettables de la situation des enseignants. Les bas salaires, l'absence d'une trésorerie suffisante pour assurer des retraites convenables font partie des facteurs qui jouent au détriment de leur statut professionnel. En revanche, des déclarations intelligentes fondées sur la composition effective de l'opinion auraient probablement pour effet de modifier l'attitude générale vis-à-vis du corps enseignant. Ce changement se manifesterait d'abord par des interventions en faveur d'une réévaluation des salaires de la profession.

Les institutions universitaires américaines n'ont pas toutes les mêmes sources de financement. Il en est dont le fonctionnement est essentiellement assuré par les sommes que leur versent les gouvernements des États. D'autres qui s'appuient essentiellement sur les fonds qu'elles reçoivent de fondations privées. On en trouve également qui bénéficient d'autres sources de financement, confessionnelles par exemple, mais les deux premières catégories rassemblent de loin le plus grand nombre d'établissements de l'enseignement supérieur.

Chaque université d'État a droit à un budget, alimenté par les habitants de l'État et voté par les instances législatives. En théorie, ce soutien financier est fonction du crédit de l'institution auprès des électeurs. La prospérité d'une université d'État dépend en définitive de sa capacité à se vendre à ses bailleurs, autrement dit à la population de l'État.

Elle est donc dans une position délicate, sauf si par extraordinaire elle a pour président un homme hors du commun, un excellent propagandiste passé maître dans la présentation des enjeux éducatifs. À supposer que ce soit le cas – à supposer qu'elle définisse l'ensemble de ses programmes dans le but avoué d'obtenir le soutien de la législature –, sa fonction éducative risque d'en pâtir. En effet, l'université pourrait alors céder à la tentation de fonder son appel au grand public sur le service public, réel ou supposé, qu'elle assure, et abandonner à elles-mêmes ses fonctions éducatives proprement dites. Cela reviendrait à choisir d'éduquer la population générale aux dépens de la population étudiante, et provoquerait à plus ou moins brève échéance de nombreux problèmes. À terme, l'université ne serait plus qu'un instrument politique à la disposition du parti au pouvoir. Si le président de l'université en impose au grand public et à la classe politique, il est à craindre que sa personnalité fasse de l'ombre à la mission première de l'institution.

La situation des facultés ou des universités financées sur des fonds privés n'est pas moins compliquée. Leurs dotations, la plupart du temps, sont laissées à la discrétion d'industriels éminents, qui poursuivent des objectifs sociaux et économiques concrets, strictement définis, et par conséquent difficilement conciliables avec la quête du savoir abstrait. L'homme d'affaires au sommet de sa réussite reproche aux grandes universités d'être trop académiques, pas de pécher par esprit pratique. De là à imaginer que les grands industriels rêvent de voir « leurs » universités se spécialiser dans les sciences appliquées, les techniques de vente ou la rentabilité économique, il n'y a qu'un pas. On ne peut pas exclure que les exigences formulées à l'égard de ces institutions par leurs donateurs potentiels s'avèrent pour finir incompatibles avec les valeurs de l'érudition et de la culture générale.

D'où la situation paradoxale dans laquelle se retrouve plus d'un institut universitaire, obligé de faire de la propagande pour le savoir auprès de gens incapables d'apprécier les objectifs qu'on leur demande de financer.

Des hommes (les pédagogues) qui connaissent sinon l'échec, à tout le moins une réussite très relative au vu des critères en vigueur dans notre monde américain cherchent à convaincre les vivants symboles de la réussite (les industriels) de payer pour des idéaux auxquels ces derniers ne croient pas. Des gens que leur sentiment d'infériorité entretient dans le mépris de l'argent essaient de s'allier les bonnes grâces des puissants qui vouent un culte à l'argent.

Tout laisse à penser que l'avenir des universités privées dépend avant tout d'un retour à l'équilibre de ces deux pôles, grâce à quoi chacun, les universitaires comme les donateurs, obtiendra la considération qui lui est due.

L'université doit conquérir l'opinion à sa cause. Si d'aventure elle se heurte à l'indifférence de ses donateurs, elle pourra alors se réclamer de l'approbation sans réserve du grand public. Et si les donateurs prétendent exercer une influence sur sa politique éducative, c'est à nouveau sur l'opinion qu'elle s'appuiera pour continuer de remplir sa mission. Que l'un de ces deux groupes ait barre sur l'autre, et il y a tout lieu de craindre que, pour lui complaire, l'institution cède à la démagogie ou au snobisme.

Le problème admet toutefois une autre solution. Sachant que des actions de propagande éducative peuvent amener la population de ce pays à mieux prendre conscience des enjeux sociaux, il ne devrait pas être impossible d'éveiller chez les hommes d'affaires, considérés en tant que classe, une conscience sociale qui ferait éclore en plus grand nombre des philanthropes aussi généreux que Julius Rosenwald, V. Everitt Macy, John D. Rockefeller, ou le regretté Willard Straight.

Plusieurs instituts d'enseignement supérieur ont d'ores et déjà adopté une propagande intelligente pour nouer avec le grand public une relation sérieuse et solide. La volonté de rester en contact avec la collectivité les a amenés à créer en leur sein des bureaux d'information. Ces services qui répondent à une stratégie précise sont regroupés dans une association collégiale, dont les membres se réunissent une fois par an pour examiner leurs problèmes. Il peut s'agir du niveau de culture générale des anciens élèves, et de son effet sur le grand public ou sur des catégories particulières de la population ; des conseils à donner aux futurs étudiants pour les guider dans leur choix d'une université ; de l'esprit de corps En français dans le texte (NdT).', FGCOLOR, '#ffffff', BGCOLOR, '#000000', BORDER, 1);" onMouseOut="return nd();">note à maintenir pour que les exploits sportifs de l'établissement ne priment pas sur le reste ; de la publicité à donner aux travaux de recherche effectués au sein de l'université, afin d'attirer ceux qui seraient en mesure d'y contribuer ; des moyens à utiliser pour mieux faire connaître les buts et le travail de l'institution, et attirer ainsi des donations exceptionnelles, accordées en vue d'objectifs précis.

Au nombre de soixante-quinze environ, ces nouveaux services sont aujourd'hui fédérés par l'Association américaine des bureaux d'information universitaires – y compris ceux récemment créés à Yale, à Wellesley, auprès des universités de l'Illinois, de l'Indiana, du Wisconsin, de la Californie, à la Western Reserve Academy et à la Tufts University. Un bulletin bimensuel tient les membres au courant de ce qui se passe dans les différents établissements du supérieur. L'association s'est donné pour mission de défendre les règles éthiques de la profession, et elle met tout en œuvre pour travailler en bonne intelligence avec la presse.

L'Association nationale de l'enseignement et les autres organisations similaires utilisent elles aussi les outils de la propagande pour promouvoir les grandes missions du secteur éducatif. Ce faisant, elles cherchent bien évidemment à revaloriser le métier d'enseignant et à améliorer la situation matérielle de ceux qui l'exercent. De temps à autre, un scandale comme l'affaire McAndrewnote vient rappeler au public que les professeurs de certains établissements scolaires sont loin de jouir d'une totale liberté d'enseignement, que dans certaines municipalités ils sont plus choisis sur la base de considérations politiques ou confessionnelles que sur leurs qualités et qualifications professionnelles. Si l'on utilisait la propagande pour donner à ces graves questions un retentissement national, il ne fait guère de doute qu'elles trouveraient rapidement un début de solution.

Les problèmes qui se posent concrètement aux universités sont autrement plus variés et déconcertants qu'on ne l'imagine. La faculté de pharmacie de telle université tire la sonnette d'alarme parce que l'officine pharmaceutique rattachée à l'institution a élargi son champ d'activités et sert aussi de buvette, de cantine, de librairie, de caverne d'Ali Baba où les articles de papeterie côtoient les pièces détachées de postes de radio. Tout en comprenant l'utilité économique que présente l'épicerie-quincaillerie-buvette pour le pharmacien en titre, la faculté considère qu'elle porte atteinte à l'art antique et honorable des préparations pharmaceutiques.

L'université Cornell vient de découvrir que ses donations se raréfiaient. Pourquoi ? Parce que, dans l'esprit des gens, Cornell est une institution d'État financée sur les fonds publics.

Beaucoup de nos grandes universités estiment à juste titre que les résultats des recherches effectuées en leur sein ne devraient pas être présentés uniquement aux bibliothèques et aux revues scientifiques, mais aussi, chaque fois que c'est envisageable et opportun, au grand public, sous une forme qui lui soit accessible. Harvard n'est pas la seule à s'être engagée dans cette voie.

« Il y a peu, écrit Charles Merrill dans Personality, un professeur de Harvard a fait les gros titres de la presse. Pendant quelques jours, on ne put pas ouvrir un journal sans tomber sur son nom, accolé à ses exploits.

Parti au Yucatan pour des raisons purement scientifiques, à son retour ce professeur a levé le mystère du calendrier vénusien des Mayas. Il a découvert la clé de l'énigme, le procédé inventé par ce peuple antique pour garder trace du temps fugitif. En comparant les événements célestes consignés par les Mayas avec des faits astronomiques connus, il a mis au jour une corrélation parfaite entre la mesure du temps de ces Indiens d'Amérique centrale et les positions effectivement occupées par la planète Vénus au VIe siècle avant J.-C. Du même coup, il a démontré qu'une civilisation florissante il y a deux mille cinq cents ans avait atteint des sommets jusqu'alors insoupçonnés.

Un coup d'œil rétrospectif sur les raisons qui ont conduit la presse populaire à relater la découverte du professeur est tout aussi révélateur. […] Livré à lui-même, l'éminent savant n'aurait sans doute jamais été publié, sauf peut-être dans une revue spécialisée, et ses observations n'auraient pas été plus accessibles à M. ou Mme Tout le Monde que s'il les avait retranscrites en hiéroglyphes mayas.

Ce message d'une lointaine antiquité fut en réalité divulgué à l'initiative d'un jeune homme, M. James W.D. Seymour. […]

Certains, poursuit Charles Merrill, seront peut-être étonnés et choqués d'apprendre qu'un haut lieu du savoir, le plus vieux, en l'occurrence, et le plus prestigieux du pays, a décidé d'emboîter le pas aux compagnies de chemin de fer, aux associations professionnelles, aux producteurs de cinéma, aux partis politiques, et qu'il recrute désormais des agents de publicité. Telle est pourtant la réalité. […]

[…] avec la bénédiction de leur conseil d'administration et du corps enseignant, la grande majorité des facultés et universités américaines se sont dotées d'un service de publicité, avec directeur appointé et brochette d'assistants, dans le but avoué de nouer des rapports cordiaux avec la presse, et, par journaux interposés, avec le grand public. […]

Voilà un procédé qui rompt catégoriquement avec la tradition. Cette innovation toute récente au regard de l'ancienneté des sièges du savoir viole un article fondamental du credo des vieilles sociétés savantes. La réclusion dans la tour d'ivoire était la première des règles imposée aux érudits d'antan. L'université veillait jalousement à tenir le monde à distance. […]

Longtemps les universités n'ont pas aimé qu'on s'intéresse à elles de trop près. Il est arrivé qu'elles invitent, de mauvaise grâce et avec un mépris affiché, des journalistes à la cérémonie de remise des diplômes, mais elles ne leur ouvraient pas davantage leurs portes. […]

À l'heure actuelle, un journaliste qui veut interviewer un professeur de Harvard n'a qu'à téléphoner au secrétaire du bureau d'informations de l'université. Officiellement, Harvard affiche sa répugnance pour le titre de “directeur de la publicité”. En pratique, cependant, le responsable dudit bureau fait office de publiciste maison. C'est un personnage important, aujourd'hui, à Harvard. »

L'idée que le président d'une université se soucie de l'impression produite sur le grand public par son institution est sans doute trop nouvelle pour ne pas dérouter. Il est pourtant dans les attributions du président de veiller à ce que son université occupe sa juste place dans la collectivité, autrement dit dans l'opinion publique, et dégage les résultats souhaités, tant culturellement que financièrement.

Lorsqu'il s'avère que l'image de son institution n'est pas aussi bonne qu'on pourrait le souhaiter, c'est soit parce que la communication avec le public est mauvaise, soit parce que l'institution dans son ensemble est à blâmer. Si la vision du public est biaisée, il faut s'employer à la rectifier ; si au contraire cette vision est conforme à la réalité, c'est vraisemblablement le fonctionnement même de l'institution qu'il faut revoir. Dans un cas comme dans l'autre, la solution relève des compétences du conseiller en relations publiques.

Solennellement inaugurée en présence des représentants du gouvernement italien, la Casa Italiana que l'université Columbia vient de fonder souligne la valeur accordée par cette institution aux humanités latines et à l'étude des langues romanes. Pour sa part, l'université Harvard s'est dotée depuis plusieurs années d'un Musée germanique, ouvert en grande pompe par le prince Henri de Prusse.

Il existe dans de nombreux établissements de l'enseignement supérieur des instituts d'éducation permanente qui permettent au grand public de participer à la vie de l'université. C'est une très bonne chose, bien sûr. Pour peu toutefois que du point de vue des relations publiques leurs programmes aient été mal préparés, soient par trop érudits et détachés de la réalité, l'effet sera tout sauf positif. Bien compris, le travail du conseiller en relations publiques consistera alors, non pas à assurer une large publicité à ces programmes, mais à recommander leur révision conformément à l'impression que l'on souhaite créer, sans pour autant faire fi de la conception du savoir défendue par l'université.

Tel institut universitaire a peut-être la réputation de se consacrer à quatre-vingts pour cent aux recherches doctorales, et de s'aliéner ainsi l'intérêt du grand public. Ou bien cette réputation est justifiée, ou bien elle ne l'est pas. Si elle ne l'est pas, il faut s'employer à la redresser en insistant davantage sur les cours de licence.

Si en revanche il est vrai que quatre-vingts pour cent des recherches effectuées à l'institut concernent des travaux de thèse, force est d'en tirer le meilleur parti. Le président aura alors à cœur de divulguer les découvertes susceptibles d'intéresser le grand public. Une expédition académique en territoire biblique n'a rien de captivant si elle se cantonne à l'érudition pure, mais si elle contribue à éclairer tel ou tel verset de la Bible elle passionnera sûrement des pans entiers de la population. Autre exemple, même si l'étrange bacille que traque le département de zoologie n'est apparemment responsable d'aucune maladie humaine, en elle-même la traque obstinée des bacilles peut fournir la matière d'une histoire palpitante.

À l'heure actuelle, les universités autorisent volontiers leurs membres à contribuer aux enquêtes d'intérêt public. M. Wilcox, professeur à Cornell, a ainsi aidé le gouvernement à préparer le recensement national. Irving Fisher, qui a une chaire à Yale, a de même été sollicité à propos du cours des changes.

Considérée sous l'angle de l'éthique, la propagande entretient avec l'enseignement le même rapport qu'avec l'entreprise ou avec la politique. Elle peut, c'est vrai, être dévoyée, utilisée pour flatter la réputation d'une institution et lui conférer dans l'opinion une valeur artificielle. Rien ne permet de garantir qu'elle ne sera pas abusivement employée.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article