Réflexion sur l'US dollar

Publié le par Dicarno

L'année dernière, un économiste de Washington, Thomas Palley, a écrit : "Imprimer un billet de 100$ ne coûte presque rien au gouvernement américain, mais les étrangers doivent donner plus de 100$ de leurs propres ressources pour obtenir ce billet. C'est un joli profit pour les contribuables américains."

Ces profits, que l'on peut qualifier de tribut impérial, versés en matière premières de toutes sortes ou en produits manufacturés ont grimpé en flèche depuis que Nixon alors président des Etats Unis a décidé unilatéralement de recevoir quoi que ce soit en échange d'un bout de papier. Désormais, le monde doit se contenter du dollar. Le seul hic est que l'ar.naque ne peut durer indéfiniment.

Il y a quelques jours, Bloomberg annonçait : " le déficit extérieur des Etats Unis s'est réduit de façon tout à fait inattendue en septembre parce que les consommateurs étrangers se sont jetés sur les produits américains compensant ainsi la crise du logement qui ne cesse d'amplifier et entame sérieusement la confiance des consomamteurs américains. Les exportations ont atteint des niveaux record pour chacun des sept derniers mois ce qui pourrait contribuer à expliquer le fait que l'administration Bush a suggéré qu'il ne fallait pas s'inquiéter de la chute du dollar. Bien qu'il ait été constamment en baisse ces cinq dernières années, sauf une, le gouvernement continue de clamer son engagement pour un dollar fort."

Ce que Bloomberg oublie de parler, c'est de l'augmentation en parallèle du prix des importations américaines. Elles augmentent beaucoup plus que l'inflation (9.2% vs 5.2% en octobre). La hausse du prix du pétrole est en partie responsable de cette augmentation. La théorie du Peak Oil commence à faire les gros titres dans les médias. Mais si une nation est inquiète de voir un jour prochain ses puits à sec, comme ce fut le cas au Texas dans les années 1970, n'est-il pas logique qu'elle souhaite en obtenir le prix maximum au moemnt même où le dolalr perd de sa valeur.

Les pays exportateurs de matières premières et de produits manufacturés sont farcies de dollars. Tout le monde se pose la question : "qu'est ce qu'ils vont faire de tous ces dollars?". Dès 1965, Charles de Gaulle avait posé le problème en ces termes : "On peut se demander jusqu'où irait le trouble si les Etats qui détiennent des dolalrs en venaient, tôt ou tard, à vouloir les convertir en or ? Etant donné la secousse universelle qu'une crise survenant dans ce domaine entraînerait probablement, nous avons en effet toutes raisons de souhaiter que soient pris, à temps, les moyens de l'éviter." mais le moyen choisit par Washington en aout 1971 d'abroger le droit de tous les autres Etats d'échanger leurs dollars contre de l'or n'a fait qu'encourager la création de dollar.

La stratégie de Nixon a entrainé une crise de confiance d'une telle ampleur à la fin des années 1970 que le prix de l'or a dépassé les 850$ l'once. Il a fallu des taux d'intérêts à deux chiffres pour renfluoer le dollar et restaurer la confiance que le monde avait mis dans les promesses sur la valeur du papier américain.

En fait, il apparait que la véritable crise résultant du système qui a autorisé les Etats Unis à imprimer indéfinement et à foison une devise que personne ne peut vraiment refuser a été retardée. Vu l'évolution du billet vert, il se peut que nous assistions actuelleemnt à la dernière phase de la domination du roi dollar.

Si les fonds souverains ne peuvent pas se rabattre sur la Fed pour échanger leurs obligations libéllés en USD, il se peut qu'ils les échangent contre autres choses. Si la Chine ou les pays exportateurs de pétrole ne peuvent acheter les fleurons du S&P à cause de loi établissant de fait des batrières douanières, il est fort à parier que les fonds souverains vont tout simplement échanger leurs dollars contre toutes sortes de matières premières et des denrées alimentaires, bref contre tout ce qui a une valeur réelle. Il pourait aussi se contenter d'acheter de l'or. Après tout "c'est la valeur inaltérable et fiduciaire par excellence", comme l'a dit De Gaulle.

Au fait, De Gaulle a également affirmé qu'une crise amenée par une ruée vers la sortie du dollar pourrait mener le monde à sa perte. En 1980, ce fut moins une. Et aujourd'hui, quelle heure est-il?

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