Exemple d'uns statistique trompreuse

Publié le par Dicarno

Les marchés ont souvent tendance à réagir rapidement à la publication d'un chiffre ou d'une statistique. Pourtant, prendre un chiffre brut, cela ne signifie pas grand chose. Il est nécessaire de le replacer dans son contexte. Voici un exemple concret où un chiffre semble, a priori, avoir l'apparence d'une bonne nouvelle mais qui, après analyse, se révèle être beaucoup moins bon.

article paru dans les Echos du 25 octobre 2007.

"L'économie japonaise menacée par le trou d'air américain."

Il y a deux façons opposées de lire les statistiques sur le commerce extérieur japonais publiées hier. Malheureusement, la plus enthousiaste n'est probablement pas la plus réaliste. Si l'on se focalise sur l'excédent comemrcial du mois de septembre, il y acerte de quoi se réjouir pour l'Archipel. Celui-ci a augmenté de 62.7% par rapport à septembre 2006 (...), un chiffre nettement au-dessus des prévisions des économistes.

Mais un fort excédent comemrcial peut avoir deux types d'explications : il traduit soit de vigoureuses exportations, soit un tassement des importations. Dans le cas présent, ce sont surtout les importations qui fléchissent. Pour la première fois depuis plus de trois ans, elles ont décéléré en en septembre (-3.2%). Les achats de pétrole brut, notamment ont fléchi de 12.4% sur un an, ce qui est symptomatique d'une baisse de la demande intérieure.

Déjà hésitante, la consommation des ménages japonais ne donne d'ailleurs pas de signes réellement encourageants. Après une contre performance de l'économie au cours du deuxième trimestre 2007 - la croissance ne fut que de 0.1% - le Japon aurait bien besoin d'un sursaut interne pour rééquilibrer une expansion économique tirée quasi exclusivement par les exportations. or ce besoin se fait de plus en plus présent si l'on en croit les chiffres des exportations d'hier.

C'est l'autre mauvaise nouvelle qui se cache derrière le boom de l'excédent comemrcial : en réalité les exportations, même si' elles continuent de croître, le font à un rythme particulièrement lent - du jamais vu depuis deux ans. Or l'analyse des destinations des exportations est très claire : le poste Etas-Unis baisse de 9.2%, la plus forte décélération depuis quatre ans. La crise des subprimes s'exporte au Japon via la chute des commandes des équipements de cosntruction. Et même si les autres destinations semblent encore solides, on peut s'interroger : dans quelle proportion la demande chinoise, par exemple, risque t-elle de diminuer elle aussi à la suite de la baisse des commadnes américaines ?

L'excédent comerrcial du Japon traduit donc paradoxalement le caractère critique d'une économie incapable d'enclencher son moteur interne et qui voit celui de l'extérieur traverser un trou d'air.

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