Histoire de la Fed : le Federal Reserve Act (2)

Publié le par Dicarno

A la Une du New York Times du 22 décembre 1913, on pouvait lire : « Le projet de Loi sur la Finance peut être adopté aujourd’hui – Les parlementaires se sont ajusté sur presque toutes les différences à 1 h 30 ce matin – Aucun Dépôt de garantie – Le Sénat cède sur ce point mais institue beaucoup d’autres changements. « Avec une rapidité sans précédent, la discussion pour ajuster les différences entre la Chambre des Députés et le Sénat sur le projet de Loi de la réforme monétaire a pratiquement abouti tôt ce matin. Samedi, les parlementaires avaient fait un peu plus que jeter les préliminaires, laissant 40 différences essentiels en suspends pour le dimanche … Aucune autre législation d’importance sera débattue cette semaine dans aucune des chambres du Congrès. Les membres des deux chambres sont déjà prêts à quitter Washington. »
 
Le New York Time parle d’une rapidité sans précédent. Nous voyons la finesse de Paul Warbourg dans la stratégie finale. Certains des opposants les plus bruyants au projet de Loi avaient déjà quitté Washington au moment du vote. C’était une vielle pratique politique qu’une loi importante ne soit pas adoptée durant la semaine précédant Noël, mais cette tradition fut brisée afin d’imposer le Federal Reserve Act aux citoyens américains.
 
Le Times ne mentionna pas la déclaration du Député Lindbergh pour qui « cet acte établit le plus gigantesque trust sur Terre. Quand le Président signera ce projet de Loi, le gouvernement invisible du pouvoir financier sera légalisé. Le peuple ne s’en rendra pas bien compte maintenant, mais il s’en apercevra dans quelques années. Les trusts réaliseront bientôt qu’ils sont allés trop loin même pour leur propre bien. Le peuple doit faire une déclaration d’indépendance pour se délivrer eux-même du pouvoir financier. Ils pourront faire ça en prenant le contrôle du Congrès. Les Wall Streeters ne pouvaient pas nous berner si vous les Sénateurs et les Députés n’avaient pas fait du Congrès une vaste escroquerie … Le plus grand crime du Congrès est son système financier. Le pire crime législatif de tous les temps a été commis par l’adoption de ce projet de Loi de réforme monétaire. »
 
Le 23 décembre 1913, l’éditorial du New York Times fit des commentaires en opposition aux critiques du Député Lindbergh sur le projet de Loi : « Le Loi de réforme monétaire et bancaire est la meilleure et la plus aboutie de tous les temps. (…) Dans la préparation de la Loi, le Congrès a travaillé sous la supervision du public. » Apparemment, par « supervision du public », le Times parle sqns le savoir de Paul Warburg, qui depuis quelques jours avait utilisé un petit bureau au Capitol, où il travailla à faire voter la Loi, et où les Sénateurs et les Députés venaient constamment prendre ses ordres pour exécuter sa stratégie.
 
La « rapidité sans précédent » avec laquelle le Federal Reserve Act fut voté par le Congrès au cours de ce qui est connu comme « the Christmas massacre » fut l’un des aspects imprévus. Woodrow Wilson fut pris au dépourvu, comme beaucoup d’autres, alors qu’il avait été assuré que le projet de Loi ne serait pas débattu avant Noël. Il refusa de le ratifier parcequ’il constestait les dispositions pour la nomination des gouverneurs. William L. White relate dans sa biographie de Bernard Baruch que Baruch, l’un des principaux collecteurs de fonds de la campagne de Wilson, fut très surpris d’apprendre que Wilson refusait de signer le Federal Reserve Act. Il accourru à la Maison Blanche et assura Wilson que c’était un problème mineur qui pourrait être arrangé plus tard à traver les procédures adminsitratives. La chose la plus importante était la ratification immédiate du Federal Reserve Act pour qu’il devienne aussitôt force de Loi. Réconforter, Wilson ratifia le Federal Reserve Act le 23 décembre 1913. L’histoire a prouvé qu’à partir de ce jour, la Constitution cessa d’être la garantie de l’exercice du pouvoir par le peuple Américain, et nos libertés furent accaparées par un petit groupe de la finance internationale.
 
Le 23 décembre 1913, le New York Times afficha en lettre capitalee à la Une : « WILSON RATIFIE LA LOI MONETAIRE ! » En dessous, toujours en lettre capitale, il y avait deux manchettes : « LA PROSPERITE POUR ETRE LIBRE » et « AIDERA TOUTES LES CLASSES ». Qui pouvait objecter qu’une loi n’était pas faite pour le bénéfice de tous ?  Le Times décrivit l’atmosphère festive autour de Wilson pendant qu’il signait cette Loi. Le Times était réjouit par « L’esprit de Noël qui émanait de cette assemblée ».
 
Dans sa biographie de Carter Glass, Rixey Smith déclare que les personnes présentes lors de la signature de l’acte étaient le Vice-Présidant Marshall, le secrétaire d’Etat bryan, le Sénateur Owen, le Secrétaire d’Etat McAdoo, le porte-parole du gouvernement Champ Clark et d’autres officiels du Trésor. Aucun des véritables auteurs de la Loi, les ébaucheurs de Jekyll island, ne furent présents. Ils s’étaient eux-mêmes prudemment retirés de la scène de leur victoire. Rixey Smith a aussi écrit : « c’était comme si Noël arriva deux jours plus tôt ». Le 24 décembre 1913, Jacob Schiff écrivit au Colonel House : « Mon cher Colonel House, je veux vous dire un mot sur le travail discret, mais o combien précieux, que vous avez effectué dans l’intérêt de la réforme monétaire et je vous félicite que le projet soit en fin de compte décrêté comme Loi ».
 
Le député Moore du Kansas, commentant le vote de l’acte, déclara à la Chambre des Représentants : « Le Président des Etats-Unis détient maintenant le pouvoir absolu sur toutes les finances du pays. Il désigne un comité de surveillance de sept hommes qui, tous, sont issus de son parti politique, même si c’est une minorité. Le Secrétaire du Trésor peut intervenir à tout moment dès qu’il y a une différence d’opinion entre lui-même et le conseil des gouverneurs de la Réserve Fédérale. Un seul membre du conseil peut passer outre l’avis du Secrétaire du Trésor, il s’agit du Président lorsqu’il fait partie du conseil. »
 
La durée du mandat de 10 ans des membres du conseil des gouverneurs de la Réserve Fédérale fut allongée, par le Banking Act de 1935, à 14 ans ; ce qui signifia que ces gouverneurs des finances de la nation, bien qu’ils ne soient pas élus par le peuple, pouvaient rester en poste plus longtemps que trois présidents. Alors que le Colonel House, Jacob Schiff et Paul Warburg se gloussaient du travail bien fait, les autres acteurs du drame eurent, plus tard, quelques remords. Woodrow Wilson écrivit en 1916 : « notre système de crédit est concentré dans le système des Réserves fédérales. Le développement de la nation, et donc de nos activités économiques et financières, sont dans les mains de quelques hommes.[1] »
 
Quand il répondit à la question de Clarence W. Barron s’il approuvait le projet de Loi tel qu’il fut finallement voté, Warburg fit la remarque suivante : « Il n’y avait pas exactement tout ce que nous voulions, mais il sera toujours possible d’ajuster plus tard la Loi par des procédures administratives. »
 
Pour de nombreux historiens, Woodrow Wilson a joué un rôle important dans le vote de l’Act, mais parmi toutes les personnes concernées par le projet, Wilson fut l’un des moins actifs. George Creel, un ancient correspondent à Washington, a écrit dans Harper’s Weekly du 26 juin 1915 : « Pour la parti démocrate, Woodrow Wilson était sous influence, sauf pour pour ceux qui le soutiennent. C’était Bryan qui domina le Congrès sur les questions des lois sur les taxes, sur les péages du canal de Panama, et sur la réforme monétaire. » Plus tard, Mr. Bryan a écrit : « l’une des choses que je regrette durant ma carrière politique fut le travail que j’ai accompli pour assurer le vote du Federal Reserve Act. »
 
Le 25 décembre 1913, le journal La Nation montra que : « le marché action de New York a commencé à monter fermement suivant la rumeur que le Sénat était prêt à voter le Federal Reserve Act. » Ca contredit l’affirmation que le Federal Reserve Act était un projet de réforme monétaire. Le New York Stock Exchange est générallement considéré comme un baromètre précis de la veritable signification de chaque legislation financière votée à Washington. Le Sénateur Aldrich a aussi montré qu’il n’avait pas eu beaucoup d’attermoiement vis-à-vis du Federal Reserve Act. Dans un magazine qui lui appartenait, et qu’il appela The Independent, il écrivit en juillet 1914 : « Avant le vote de cet Loi, les banquiers New Yorkais pouvaient seulement dominer les réserves de New York. Maintenant, nous sommes en mesure de dominer toutes les réserves du pays. »
 
H.W. Loucks a dénoncé le Federal Reserve Act dans “ La Grande Conspiration de la Maison Morgan“ : « Dans la Loi sur les Réserves Fédérales, ils ont arraché au peuple et se sont accaparés pour eux-mêmes le pouvoir constitutionnel d’émettre la monnaie et, en conséquence, de réguler la valeur. » A la page 31, Loucks écrit : « la Maison Morgan possède désormais le contrôle suprême de notre industrie, de notre commerce et des afafire spolitiques. Ils ont un total contrôle sur les parts démocrate, républicains et Progressiste. L’extraordianire propagande actuelle pour la préparation militaire est davantage plannifiée pour desraisons qui leurs sont propres plutôt que pour la défense contre une agression étrangère.[2] »
 
La signature du Federal Reserve Act par Woodrow Wilson a représenté le point culminant de la complicité avec ses amis intimes, le Colonel House et Paul Warburg. Une des personnes avec qui le Colonel house a fait connaissance dans l’Administration Wilson fut Franklin D. Roosevelt, l’assistant du Secrétaire de la Marine. Dès qu’il remporta les primaires du parti démocrate lors de l’élection présidentielle de 1932, Franklin D. Roosevelt fit un pèlerinage à la Maison de House à Magnolia dans le Massachusset. Roosevelt, après le hiatus des républicains des années 1920, mit en oeuvre les desseins socialistes de Philipp Dru, Administrateur[3], que Wilson fut incapable d’accomplir, tel que le programme de sécurité sociale, les taxes sur les profits et le développement des impôts progressif sur le revenu.
 
Le biographe de House, Charles Seymour, a écrit : « il était épuisé par les sollicitations des partis politiques et les rendez-vous. Même le parti qu’il a pris dans l’évolution de la législation (le Federal Reserve Act, la révision des taxes douanières et les amendements sur les impôts sur le revenu) ne le satisfaisait pas. Au commencement de l’année 1914, il consacra de plus en plus de temps à ce qu’il considérait comme la forme la plus noble de la politique et pour laquelle il était particulièrement fait : les affaires internationales.[4] »
 
En 1938, peu de temps avant sa mort, House confia à Charles Seymour : « durant les quinze dernières années, j’ai été proche du centre des décisions, bien que peu de gens le savent. Aucun étranger d’importance n’est venu aux Etats-Unis sans me parler. Roosevelt m’a donné libre cours pour le conseiller. Tous les ambassadeurs venaient fréquemment me solliciter. »
 
Une comparaison du Federal Reserve Act de 1913 voté par la Chambre des Représentants et celui modifié par le Sénat montre des différences frappantes. L’article : « Pour suspendre les responsables des Réserves Fédérales pour faute grave, il faut le lui déclarer par écrit et lui donner l’opportunité de se défendre lors d’une audience ; cela exige le dépôt d’une plainte officielle par écrit pour incompétence, abandon des responsabilités, fraude ou dissimulation ; tel dépôt doit être sujet à l’approbation du président des Etats-Unis. », fut changé par le Sénat en : « Pour suspendre ou renvoyer tout cadre ou directeur des Réserves Fédérales, la cause de l’expulsion devra être communiquée immédiatement par écrit par la direction des Réserves Fédérales. » Ca altère complètement les conditions dans lesquelles un cadre ou un directeur pourrait être renvoyé. Nous ne savons plus quelles peuvent être les conditions ou les causes des renvoies. Apparemment l’incompétence, l’abandon des responsabilités, la fraude ou la dissimulation ne sont pas un problème à la direction des Réserves Fédérales. Aussi, les personnes renvoyées n’ont pas la possibilité de faire appel auprès du Président. En réponse à une question écrite, l’assistant du Secrétaire de la direction des Réserves Fédérales a répondu que seul un cadre a été renvoyé en 36 ans.
 
Le système des Réserves Fédérales a commancé ses opérations en 1914 avec la mise en place du Comité d’Organisation dont les membres furent nommés par Woodrow Wilson. Il était composé du Secrétaire du Trésor William McAdoo qui était le gendre de Wilson, du Secrétaire à l’Agriculture Houston et du Controlleur des changes John Skelton Williams. Le 6 janvier 1914, J.P. Morgan fut accueilli par le Comité d’Organisation à new York. Il les a informés qu’il ne devrait pas y avoir plus de 7 districts régionals dans le nouveau système. Le Comité devait sélectionner les emplacements des Réserves. Ils étaient habilités à sélectionner huit des douzes Réserves, bien que J.P. Morgan leur avaient dit qu’il ne devrait pas en sélectionner plus de quatre. Le choix de la localisation des sites des Réserves a fait l’objet de nombreuses tractations politiques, puisque les douze villes choisies deviendraient de fait d’importants centres de la finance. New York, fit bien sûr l’unanimité. Richmond fut le choix suivant à cause de Carter Glass et Woodrow Wilson, les deux Virginiens qui avaient apporté le soutien politique pour le Federal Reserve Act. Les autres choix du Comité furent Bosto,, Philadelphie, Cleveland, Chicago, St Louis, Atlanta, Dallas, Minneapolis, Kansas City et San Francisco. La conséquence de ce choix fut que toutes ces villes sont devenues depuis d’importants centres financiers.
 
Cependant, au regard de la domination de la Réserve Fédérale de New York, les petites batailles locales font pales figures. Ferdinand Lundberg a montré, dans “America’s Sixty Families”, que : « En pratique, la Réserve Fédérale de New York est devenu la tête pensante du système des 12 banques régioanles parce que New York était La place financière de la nation. Les 11 autres banques étaient autant de mausolées cherement érigés pour sauvegarder la fierté locale et soulager les craintes jacksoniennes de l’Amérique profonde. Benjamin Strong, le president de Bankers Trust (J.P. Morgan) devint le premier gouverneur de la Réserve Fédérale de New York. Rompu à la haute finance, Strong manipulait, depuis de nombreuses années, le système monétaire du pays. Sous Strong, le système des reserves entretint des relations très étroites avec la Banque d’Angleterre et la Banque de France. Benjamin Strong resta à la tête de la Réserve Fédérale de New York jusqu’à sa mort soudaine, en 1928, durant l’enquête du Congrès sur la rencontre secrète entre les gouverneurs des Réserves Fédérales et les gouverneurs des banques centrales européennes qui amena la Grande Dépression de 1929-1931. [5]»
 
Strong avait été marrié à la fille du president de Bankers Trust, ce qui l’amena directement à participer aux intrigues qui jouent un rôle important dans le monde de la haute finance. Il fut aussi un membre du groupe de Jekyll Island, ce qui le qualifia pour prendre la tête du système des Réserves Fédérales en tant que gouvernenur de la Réserve Fédérale de New York qui dominait l’ensemble du système.
 
Paul Warburg aussi est mentionné dans le dernier volume de J. Laurence Laughlin, "The Federal Reserve Act, origines et objectifs" : « Mr. Paul Warburg de Kuhn, Loeb Company a offert en mars 1910 un plan remarquablement bien pensé connu sous le nom de Banque de Réserve Fédérale des Etats-Unis. Ce fut publié dans le New York Times du 24 mars 1910. le groupe intéressé par l’objectif de la Commission Nationale Monétaire s’est rencontré secrètement à Jekyll Island pendant deux semaines en décembre 1910. il s’est concentré sur la préparation d’un projet de loi devant être présenté au Congrès par la Commission Nationale Monétaire. Les homems présents à Jekyll Island furent le Sénateur Aldrich, H. P. Davison de J.P. Morgan Company, Paul Warburg de Kuhn, Loeb Company, Frank Vanderlip de la National City Bank, et Charles D. Norton de First National Bank. Nul doûte que le maitre à penser de ce groupe fut Paul Warburg, qui avait eu une formation de finance en Europe. Le Sénateur Aldrich n’était pas spécialement qualifié dans ce domaine.[6] »
 
Harold Kelloch fait référence à Paul Warburg dans un article intitulé : "Warburg the Revolutionist" paru dans le Century Magazine de mai 1915. Kelloch écrit : « Il a imposé ses idées à une nation d’une centaine de millions de personnes … Sans Mr. Warburg, il n’y aurait pas eu de Federal Reserve Act. La Maison de Courtage Warburg and Warburg à Hambourg a toujours été strictement une affaire de famille. En 1895, il se maria à la fille du dernier Solomon Loeb de Kuhn Loeb Company. Il devint membre de Kuhn Loeb Company en 1902. Le salaire de Mr. Warburg pour ses activités privées est d’environ un demi-million de dollars par an. Les motivations de Mr Warburg ont été purement celle d’une abnégation à visée personnelle. »
 
Le Federal Reserve Act ne tarda guère à décevoir beaucoup de ceux qui avaient cru en ses mérites initials. W. H. Allen a écrit dans Moody’s Magazine en 1916 : « l’objectif du Federal Reserve Act était d’emprêcher la concentration des pouvoir dans la banque de New York et devait être avantageux pour toutes les autres banques, mais depuis la prise d’effet de la Loi, il s’avère que la banque de New York a toujours été gagnante par rapport aux autres banques. Seul New York a connu une stabilisation des taux d’intérêts. Partout ailleurs, la hausse des taux d’intérêts continue. L’Acte, qui devait dépouillait Wall Street d’une partie de ses ressources utilisées pour la spéculation, a, au conraire, donné aux Bulls et aux bears un soutien tel qu’ils n’en avaient jamais eu auparavant. La vérité est que plutôt que d’avoir obstrué le flux de cash en direction de Wall Street, comme Mr Glass le clamait avec certitude, en fait il a accentué le flux déjà existant et en a créé deux autres. Le premier de ces nouveaux flux de cash vient directement de Washington et donne à Wall Street tout le surplus de cash du Trésor des Etats-Unis ; de plus, l’émission des reconnaissances de dettes fournit une inépuisable réserve d’argent frais. Le deuxième nouveaux flux de cash vient des banques centrales européennes qui achètent les reconnaissances de dettes garantis par le gouvernement des Etats-Unis. Ainsi, en vendant les reconnaissances de dettes aux banque centrales européennes, Wall Street est désormais protégé contre les demandes étrangères pour obtenir de l’or ce qui avait toujours été la source des grandes crises monétaires de notre histoire. »
 
Depuis de nombreuses années, il plane un mystère sur l’indentité des propriétaires des actions des Réserves Fédérales. Le député Wright Patman, dirigeant la critique du Système, a essayé de découvrir qui étaient les actionnaires. Le capital des douze banques composant le Système des Réserves Fédérales a été acheté par des banques nationales de ces douze régions. Comme la réserve de New York établit les taux d’intérêts et dirigent les opérations d’open market, alors elle contrôle la quantité et le prix de l’argent de tous les Etats-Unis. Ceux sont donc les actionanires de cette banque qui dirigent véritablement le Système des Banques Féderales.
 
Pour la première fois, nous pouvons révéler qui sont les actionnaires. L’auteur possède un organigramme de l’organisation des douze banques fédérales avec les noms des propriétaires pour chacun des districts. La banque de New York a émis 203 053 parts, et, comme indiqué par le controlleur de la monnaie le 19 mai 1914, les plus grandes banques de New York possèdent plus de la moitié des parts. Les Rockefeller, Kuhn et Loeb controllant la National City Bank, avec 30 000 parts, possèdent le plus grand nombre de parts. J.P. Morgan’s First National Bank possède 15 000 parts. Quand ces deux banques ont fusionné en 1955, ils disposaient d’un block d’actions représentant presque le quart du capital de la banque fédérale de New York. La Chase National Bank possède 6 000 parts. La Marine Nation Bank de Buffalo, connu plus tard comme la Marine Midland, possède également 6 000 parts. Cette banque était la propriété de la famille Schoellkopf qui controlle la Niagara Power Company et d’autres grandes entreprises. La National Bank of Commerce de New York City dispose de 21 000 parts.
 
Les actionnaires majoritaires de ces banques qui possèdent le capital de la banque fédérale de New York sont les mêmes que ceux qui dirigent notre destinée politique et économique de puis 1914. Ceux sont les Rothschilds d’Europe, les frères Lazard, les Kuhn, les Loeb, les Warburg, les frères lehman, les Goldman, les Sachs, les Rockefeller et les J.P. Morgan. Récemment, les intérêts de ces gens là ont fusionné ou se sont consolidés ce qui a accru leur domination. La National Bank of Commerce de New York City a été absorbée par Morgan Guaranty Trust Company. Lehman Brothers a fusionné avec Kuhn, Loeb Company, First National Bank a fusionné avec National City Bank. Les mêmes actionnaires possèdent indirectement ou non une partie du capital des onze autres banques de réserve. Le reste du capital est la propriété de quelques familles localement bien implantées qui possèdent ou dirigent les principales industries de ces régions. En finançant activement les campagnes électorales, ces familles pèsent sur la vie politique locale : elles nomment les candidats qui, redevables, s’opposent rarement à leurs plans.
 
Avec la création des douzes districts financiers délimitant le territoire des banques de réserves fédérales, la division traditionnelle des Etat-Unis était bouleversée. Avec la création des douzes districts, nous avons entériné l’ère du « régionalisme » qui n’a pas de lien avec les frontières traditionnelles des états.
 
Les développents qui ont suivi le vote du Federal Reserve Act ont prouvé que chacune des allégations de Thomas Jefferson qu’il a fait contre le principe d’une banque centrale en 1791 : que les souscripteurs au capital de la Federal Reserve Bank ont formé une corporation, dont le capital pouvait être et appatenait à des étrangers ; que ce capital serait transmis à une certaine lignée successorale ; qu’il serait protégé au-delà de la confiscation et de la déshérence ; qu’ils constitueraient un monopole bancaire qui aura le pouvoir de prendre des décisions. Aucune législature d’Etat ne peut annuler une décision prise par le Conseil des gouverneurs des réserves fédérales au bénéfice de ses actionnaires. Ce Conseil prend des décisions qui ont force de loi comme le niveau des taux d’intérêts (= le prix de l’argent) ou la quantité de monnaie en circulation. Tous ces pouvoirs abrogent les pouvoirs législatifs des Etats et leurs responsabilités vis-à-vis des citoyens de ces Etats.
 
Le New York Times a declaré que les banques de reserves fédérales seraient prêtes à fonctionner à partir du 1er août 1914. En fait elles commencèrent leurs opérations le 16 novembre 1914. A ce moment, la somme totale des actifs étaient de 143 000 000 de dollars provenant de la vente des parts des banques de reserves fédérales aux banques nationales qui avaient souscrit.
 
La véritable quantité de ces 143 000 000 dollars qui furent payés pour ces ventes reste enveloppée de mystères. Certain historiens pensent que les actionnaires ont seulement payé la moitié du montant en espèces ; d’autres croient qu’ils n’ont pas du tout versé d’espèces mais juste envoyé un document certifiant qu’ils étaient propriétaires des banques natioanles. Il semble plus probable qu’au commencement, les opérations de la banque centrale étaient une émission de papier contre du papier, que comptablement les entrées se composaient seulement de titres qui changeaient de mains.  
 
Les hommes qui furent choisi par le président Woodrow Wilson pour former le premier Conseil des gouverneurs des réserves fédérales étaient des hommes qui appartenaient aux milieux bancaires. Woodrow Wilson avait été nommé pour la présidence par le parti démocrate parce qu’il prétendait représenter les intérêts commun contre les intérêts particuliers. Selon Wilson lui même, il fut autorisé à choisir seulement une personne au Conseil des reserves fédérales. Les autres furent choisis par les banquiers de New York. Le choix de Wilson fut Thomas D. Jones, un
Adminsitrateur de Princeton et directeur de « International Harvester » et d’autres entreprises. Les autres membres furent Adolph C. Miller, un économiste de l’université Rockefeller de Chicago et de l’université Morgan de Harvard, qui fut aussi adjoint du Secrétaire de l’Intérieur ; Charles S. Hamlin, qui fut adjoint du Secrétaire du Trésor pendant huit ans ; F.A. Delano, un parent de Roosevelt, qui en tant qu’opérateur de marché s’était emparé d’un certain nombre de société de chemain de fer pour le compte de Kuhn, Loeb Company ; W.P.G. Harding, était le president de la First National Bank of Atlanta ; et Paul Warburg de Kuhn, Loeb Company. Selon les mémoires de colonel House, Warburg fut nommé parce que « le Président avait accepté sa suggestion de nommer Warburg à cause de son intérêt et de son expérience pour les problèmes monétaires survenus à la fois sous les administrations républicaines et démocrates.[7] » Comme Warburg, Delano, bien que citoyen américain, n’était pas né sur le sol des Etats-Unis. Frédéric Delano naquit à Hong Kong en 1863. Son père, Warren Delano, selon le docteur Josephson et d’autres autorités, fut actif à Hong Kong dans le commerce chinois de l’opium.
 
Dans “The Money Power of Europe”, Paul Emden écrit : “Les Warburgs ont acquis leur exceptionnelle richesse durant les vingt dernières années du 19ème siècle, simultanément avec la croissance de Kuhn, Loeb Company à New York, avec qui ils ont établi des unions personnels et des relations familiales. Paul Warburg, avec une magistrale réussite, a réalisé en 1913 la reorganisation du système bancaire américain. Réorganisation à laquelle il avait travaillait, avec le Sénateur Aldrich, depuis 1911. Il a ainsi contribué à renforcé considérablement la monnaie et les finances des Etats-Unis.[8] »
 
Le New York Times avait noté le 6 mai 1914 que Paul Warburg avait été « mis à la retraire » de la Kuhn, Loeb Company afin d’exercer une fonction dans le Conseil des réserves fédérales, bien qu’il n’avait pas démissioné des conseils d’administration de American Surety Company, de Baltimore and Ohio Railroad, de National Railways of Mexico, de Wells Fargo, or de Westinghouse Electric Corporation. Le "Who’s Who" l’a listé comme actionnaire principal des sociétés suivantes: American I.G. Chemical Company (branch of I.G. Farben), de Agfa Ansco Corporation, de Westinghouse Acceptance Company, de Warburg Company of Amsterdam ; mais aussi comme étant le president du Board of International Acceptance Bank et de nombreuses autres banques, de chemins de fer et de diverses compagnies. "Avec Warburg, Kuhn Loeb & Co. disposait de quatre voix, c'est-à-dire la majorité du Conseil des reserves fédérales.[9]"
 
Malgré son retrait de Kuhn, Loeb Company en mai 1914 pour servir au conseil des gouverneurs de la réserve fédérale, on demanda à Warburg d’apparaître, en juin 1914, devant une sous-commission du sénat pour répondre à une série de questions sur le rôle qu’il avait joué en coulisse sur le vote du Federal Reserve Act par le Congrès. Warburg refusa la convocation. Le 7 juillet 1914, il écrivit une lettre à G.M. Hitchcock, le president de la commission bancaire et financière du Sénat, dans laquelle il déclare que cela affaiblirai sa position dans le Conseil des gouverneurs s’il était obligé de répondre aux questions, et donc, qu’il devrait démissionner. Il a semblé que Warburg s’était preparé à bluffer la commission du Sénat pour éviter de répondre à un certain nombre de questions. Le 10 juillet 1914, le New York Times a soutenu Warburg dans son éditorial et a dénoncé “l’Inquisition Sénatoriale“ ». Après le 10 juillet, Warburg n’a jamais eu besoin de répondre directement de ces actes devant une quelconque commission. L’imbroglio fut résolu lorsque la sous-commission sénatoriale, dans une réddition abjecte, accepta d’une part de donner à l’avance à Mr Warburg la liste des questions, et d’autre part, de lui permettre de ne pas répondre à toute question qui pourrait affaiblir sa position au sein du Conseil des gouverneurs. Le journal Nation rapporta le 23 juillet 1914, que « Mr Warburg avait finallement accepté une conférence avec le Sénateur de l’Etat de New York O’Gorman, connu comme étant le « Sénateur de Wall Street » et de rencontrer de manière informelle les membres de la sous-commission sénatoriale. L’opinion à Washington est que la confirmation de Mr Warburg est assurée. » Le journal Nation était dans le vrai. Mr Warburg fut confirmé dans ses fonctions le 8 août 1914. Le Sénateur Robert L. Owen avait auparavant prévenu que Warburg était le représentant américain de la famille Rothschid, mais lui poser des questions à ce sujet avait en effet été frappé par "l’Inquisition". Il est vrai que ce type de Sénateurs étaient trop civilisés pour se livrer à une telle barbarie.
 
Le 1er août 1914, durant l’audition au Sénat devant la commission bancaire et financière il y eu l’échange suivant entre le Sénateur Bristow et Paul Warburg :
 
BRISTOW : « J’ai entendu dire que vous étiez républicain, mais quand Mr Theodore Roosevelt s’est présenté, vous être devenu un sympathisant de Mr. Wilson. L’avez-vous soutenu ? »
WARBURG : « Oui. »
BRISTOW : « Alors que votre frère (Felix Warburg) supportait Mr Taft ? »
WARBURG : « Oui. »
 
Donc trois des principaux associés de Kuhn, Loeb Company ont soutenu trois candidats différents pour la présidence des Etats-Unis. Paul Warburg soutenait Wilson, Felix Warburg soutenait Taft et Otto Kahn soutenait Theodore Roosevelt. Paul Warburg a explqiué cette situation curieuse en disant à la Commission qu’il n’avait aucune influence sur les idées politiques de cahcun des candidtas. « La finance et les politiques ne se mélangent pas. »
 
Les questions sur la nomination de Warburg furent ignorées à cause de la nomination par Wilson de Thomas B. Jones au Conseil des gouverneurs. Les journalistes ont découvert que Jones, au moment de sa nomination, était sour le coup d’une accusation par un procureur des Etats-Unis. Wilson pris la défence de son candidat en disant aux journalistes que : « la majorité des hommes liée à ce que nous avons l’habitude d’appeler les « affaires du pays » sont honnêtes, incorruptible et patriote. » Malgré les protestations de Wilson, la Commission bancaire et monétaire du Sénat projeta des auditions pour examiner l’éligibilté de Thomas D. Jones comme mebre du Conseil des Gouverneurs. Wilson écrivit une lettre au Sénateur Robert L. Owen, le president de cette Commission :
 
Maison Blanche, le 18 juin 1914
 
« Cher Sénateur Owen :
 
Mr Jones a toujours combattu les droits du peuple contre les nantis. Sa relation avec la Harvester Company était pour le service public et non pour ses intérêts privés. Il est l’homme de la situation qui représente mon choix personnel.
 
Sincèrement,
 
Woodrow Wilson. »
 
Woodrow Wilson a dit : « Il n’y a pas de raison de croire qu’un rapport défavorable est représentatif de l’avis du Séant lui-même. » Après quelques semaines, Thomas D. Jones se retira et le pays eut à faire sans ses services.
 
Les autres membres du premier Conseil des gouverneurs étaient le Secrétaire au Trésor, William McAdoo qui était le gendre de Wilson, et le Controlleur de la Monnaie John Skelton Williams qui était aussi le président de Hudson-Manhattan Railroad, une entreprise controlé par Kuhn, Loeb Company.
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Le 16 novembre 1914, lorsque les banques de réserves fédérales commencèrent leurs opérations, Paul Warburg déclara : « Cette date peut être considérée comme le 4 Juillet de l’histoire économique des Etats-Unis. »
 
 

[1]National Economy and the Banking System, Sen. Doc. No. 3, No. 223, 76th Congress, 1st session, 1939
[2]H.W. Loucks, The Great Conspiracy of the House of Morgan, Privately printed, 1916
[3]E.M. House, Philip Dru, Administrator, B. W. Heubsch, N.Y., 1912
[4]Col. E.M. House, The Intimate Papers of Col. House, 4 v. 1926-1928, Houghton Mifflin Co.
[5]Ferdinand Lundberg, America’s Sixty Families, 1937
[6]J. Laurence Laughlin, The Federal Reserve Act, It’s Origins and Purposes
[7]Charles Seymour, The Intimate Papers of Col. House, 4 v. 1926-1928, Houghton Mifflin Co
[8]Paul Emden, The Money Power of Europe in the 19th and 20th Century, S. Low, Marston Co., London, 1937
[9]Clarence W. Barron, More They Told Barron, Arno Press, New York Times, 1973, June 12, 1914. p. 204

Publié dans Banque centrale

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